06/10/2005


Solidarité

C'est si simple d'aider

Avec son association Launatho , Christiane Poirault montre qu'un geste, si modeste soit-il, peut apporter beaucoup aux populations démunies.
Démonstration de week-end encore.

Il y a chez Christiane Poirault une force qui lui fait soulever les montagnes.
Une froide détermination qui lui fait balayer d'un revers de manche les obstacles qui se mettent en travers de sa route.
Qui lui permet d'entraîner derrière elle, au sein de son association, Launatho , quelque 180 bénévoles qui apportent un peu de soutien à quelques gosses parmi les plus malheureux du Sénégal.
C'est avec cette même détermination qu'elle dresse un constat terrifiant.
« à côté de Dakar » , raconte-t-elle, « il y a un village de lépreux, qui s'appelle M'Bailing.
Le gouvernement les met ici en attendant qu'ils meurent.
Personne ne le sait.
Ils n'ont aucune aide.
Ils sont complètement démunis »
.
Christiane évoque aussi des gosses d'un autre quartier, Grand Yoff.
« Ceux-là sont handicapés, très lourdement.
On les appelle les enfants rampants »
.
Et puis elle parle d'autres gamins qu'elle côtoie régulièrement.
Trisomiques, autistes, ou malades du sida...
Abandonnés parfois.
Dans la misère toujours.
« Est-ce qu'on peut laisser des gens dans cette situation ? » , questionne-t-elle, sans même prendre la peine de donner la réponse, tant, à l'entendre, elle paraît évidente.
Alors Christiane fonce.
« Après la mort de mon fils, j'ai voulu continuer ce qu'il avait entrepris et qu'il n'a pas eu le temps de finir » .
Il y a un peu moins de quatre ans, elle a fondé l'association Launatho , via laquelle elle multiplie les actions.
Un bracelet, un poulet Pour les lépreux de M'Bailing, elle imagine l'opération « un bracelet, un poulet » .
Concrètement, on achète un bracelet porte-bonheur 1 €, soit l'équivalent du prix d'un poulet à Dakar.
Ce sont des retraités du pays de Montbéliard qui fabriquent les bracelets en fil de coton, vendus lors de fêtes ou de manifestations.
ça n'a l'air de rien comme ça, mais l'opération a permis au village non seulement de manger à sa faim, mais aussi d'investir dans l'achat de poules pondeuses.
Launatho finance également des vaccins.
Les écoliers des Poilus à Montbéliard, de Notre-Dame, des Acacias et des Castors à Audincourt, sont eux-aussi sollicités.
En juin, ils ont fait une grande collecte de crayons et de fournitures, que Christiane a embarqués au Sénégal.
« Pour nous, c'est pas grand-chose.
Pour eux, c'est beaucoup »
.
Des idées, celle que ses protégés africains nomment « la reine blanche » n'en manque pas.
Simples, le plus souvent.
Comme celle de faire réunir par les gamins d'ici des graines qui sont expédiées là-bas, où elle a créé des potagers.
Christiane Poirault sait aussi convaincre ceux qui peuvent l'aider.
C'est ainsi que le footballeur sénégalais du FC Sochaux Omar Daf, a financé une partie des sanitaires dans un centre pour enfants sans abri.
Un dentiste de Bordeaux vient également de faire don de son cabinet flambant-neuf, pour un coût de 160.000 € ! Et deux chirurgiens locaux assurent des interventions sur les enfants handicapés, le tout gratuitement.
« Assez rare pour être signalé » , soupire-t-elle.
Cette année, Launatho concentrera ses efforts sur quelques actions spécifiques, comme l'assistance à des enfants handicapés mentaux ou la construction d'une école en brousse.
Dans cet objectif, l'association organise une série de manifestations ce week-end.
Ne les manquez pas.